sonfils Maurice, correspondances gĂ©nĂ©rales reçues, dossiers de lettres de George Sand Ă  des parents ou amis proches, fonds rela-tifs aux idĂ©es et Ă  l'action politique de George Sand), archives familiales des hĂ©ritiers, largement consacrĂ©es Ă  la diffusion et Ă  la publication des Ɠuvres de George Sand ; enfin les manuscrits d'Ɠuvres. Les grands ancĂȘtres La sĂ©rie A (Aurore de Ajouterau panier. couverture souple. - Nohant 3 juin 1858, 13,4x20,9cm, 4 pages sur un feuillet rempliĂ©. - Lettre autographe signĂ©e de George Sand adressĂ©e Ă  son amie StĂ©phanie Bourjot, fille d'Étienne Geoffroy-Saint-Hilaire. Quatre pages rĂ©digĂ©es Ă  l'encre bleue sur un feuillet rempliĂ© au chiffre de George Sand. LettresretrouvĂ©es rassemble quatre cent cinquante-huit lettres inĂ©dites de George Sand, de 1825 (c'est une jeune femme de vingt et un an qui Ă©crit Ă  sa mĂšre) jusqu'en 1876, quelques mois avant sa mort. À cĂŽtĂ© d'inconnus, d'Ă©diteurs ou directeurs de revues, d'Ă©crivains, de comĂ©diens et directeurs de théùtre, d'amis et familiers ou de parents, on trouve bien des noms illustres Cest par ce mĂ©lancolique quatrain que l’ami Hugo vient saluer, en janvier 1866, la naissance de la petite-fille de George Sand (qui s’appelait en rĂ©alitĂ© Aurore Dupin ), Aurore, Ă  Lefonds George Sand BibliothĂšque de l Institut de France Le vicomte de Lovenjoul resta en relation avec la famille de G.Sand, son fils Maurice, . PrĂ©cĂ©dant de peu la publication des lettres de Sand Ă  Alfred de Musset que NĂ© en 1822, Aucante avait Ă©tĂ© l'homme d'affaires de George Sand qui lui /files Vay Tiền TráșŁ GĂłp 24 ThĂĄng. [Lamartine], jĂ©suite naĂŻf, espĂšce de Lafayette qui veut ĂȘtre prĂ©sident de la RĂ©publique, et qui en viendra Ă  bout [
] parce qu’il mĂ©nage toutes les idĂ©es et tous les hommes, sans croire Ă  aucune idĂ©e et sans aimer aucun homme. George Sand, lettre Ă  son fils Maurice, fin avril 1848. AprĂšs la difficile annĂ©e 1847 rupture avec Chopin, difficultĂ©s du couple que forme sa fille Solange avec le sculpteur ClĂ©singer, 1848 est, Ă  plusieurs titres, une annĂ©e cruciale pour George Sand elle vient de se mettre Ă  l’écriture de l’Histoire de ma vie ; elle s’engage corps et Ăąme dans la rĂ©volution, et, aprĂšs le 15 mai, s’en retire profondĂ©ment dĂ©couragĂ©e ; elle ne composera plus ensuite de ses romans socialistes » comme Le Compagnon du Tour de France 1840, Horace 1841, La Comtesse de Rudolfstadt 1843, Jeanne 1844, Le Meunier d’Angibault 1845, ou Le PĂ©chĂ© de Monsieur Antoine 1847. Ce sont l’avocat Michel de Bourges et Pierre Leroux qui l’ont initiĂ©e au socialisme Ă  la fin des annĂ©es 1830. Elle a fondĂ© avec ce dernier La Revue indĂ©pendante en 1841. Deux ans plus tard, Leroux s’est installĂ© comme imprimeur Ă  Boussac, non loin de Nohant, et y a créé une communautĂ© socialiste. Il y imprimait aussi L’Éclaireur de l’Indre, créé par Sand en 1843 [1]. Elle s’est ainsi forgĂ©e peu Ă  peu une doctrine sociale, chrĂ©tienne et utopique qui prĂŽne la crĂ©ation de communautĂ©s fraternelles pour dĂ©passer les antagonismes de classes. En 1847-1848, elle s’éloigne de Leroux qu’elle soutient matĂ©riellement depuis des annĂ©es mais qui lui semble maintenant vivre un peu en parasite. Elle dit de lui Entre le gĂ©nie et l’aberration, il y a souvent l’épaisseur d’un cheveu » lettre du 22 janvier 1848 Ă  Mazzini. Leroux est Ă©lu Ă  l’AssemblĂ©e Ă  Paris en juin 1848 et s’attire les moqueries de la presse par son accoutrement et sa maladresse. Il est davantage un homme de rĂ©flexion que d’action. Sand s’est rapprochĂ©e de Louis Blanc et collabore Ă  La RĂ©forme de Ledru-Rollin. AussitĂŽt aprĂšs la rĂ©volution, elle arrive Ă  Paris le 1er mars, inquiĂšte, Ă  la recherche de son fils Maurice qu’elle retrouve sain et sauf. Elle retourne Ă  Nohant du 8 au 21, pour regagner ensuite la capitale, crĂ©ant l’hebdomadaire La Cause du peuple et rĂ©digeant jusqu’au 29 avril, sans les signer, des articles pour le Bulletin de la RĂ©publique, oĂč elle tente de convaincre les campagnes de payer l’impĂŽt rĂ©publicain et de voter pour la RĂ©publique. Son adresse est alors le 8 rue de CondĂ©, chez Maurice. Le 16 avril, le 15 mai et juin 1848 provoquent la ruine de ses espoirs de rĂ©volution sociale. Elle s’éloigne du gouvernement, qu’elle assimile Ă  un pouvoir bourgeois. Elle repart Ă  Nohant le 17 mai au soir. Elle a attendu deux jours aprĂšs le 15, s’attendant Ă  ĂȘtre arrĂȘtĂ©e mais ne voulant pas donner l’impression qu’elle fuit. AprĂšs son retrait du Bulletin et l’échec de La Cause du peuple, elle collabore Ă  La Vraie RĂ©publique du socialiste ThorĂ©. Elle Ă©crit Ă  un cousin le 20 mai Les meneurs de la vĂ©ritable idĂ©e sociale ne sont guĂšre plus Ă©clairĂ©s que ceux qu’ils combattent et jouent trop la partie Ă  leur profit. [
] [Le peuple] manque de guides Ă  la hauteur de leur mission ». En juillet, elle partage la tristesse de Lamennais, et l’exprime en particulier Ă  son Ă©diteur Hetzel. Le 1er juin 1848, elle reprend la rĂ©daction de Histoire de ma vie, dont la publication commence Ă  l’automne 1854 dans La Presse de Girardin elle aurait pu commencer plus tĂŽt, mais l’éditeur craignait la censure impĂ©riale. Sand ne s’épanche sur 1848 ni dans ces mĂ©moires, ni ailleurs dans son Ɠuvre, se contentant de l’évoquer dans la prĂ©face de La Petite Fadette, composĂ©e en aoĂ»t 1848. Elle Ă©crit le 22 dĂ©cembre dans La RĂ©forme Le peuple n’est pas politique. [
] Mais un peu de patience. Dans peu de temps, le peuple sera socialiste et politique, et il faudra bien que la rĂ©publique soit Ă  son tour l’un et l’autre ». Elle pense maintenant que seules la patience, la sagesse et la raison permettront au peuple d’évoluer vers la rĂ©publique sociale. Il lui faudra attendre 23 ans pour que la Commune de Paris confirme cette prophĂ©tie. Mais la rĂ©volution sociale se heurte alors Ă  l’incomprĂ©hension de Sand, sinon Ă  sa haine. InfluencĂ©e par Flaubert, Dumas Fils et d’autres, elle ira mĂȘme jusqu’à attaquer Hugo pour sa clĂ©mence envers les Communards.[1] La politique de L’Éclaireur se rapprochait de celle du journal parisien La RĂ©forme, sur lequel rĂ©gnait Ledru-Rollin, avocat de verve facile, de belle prestance, au sourire aimable, mais paresseux et assez opportuniste, car il avait fait un mariage riche et courait les femmes AndrĂ© Maurois, LĂ©lia ou la vie de George Sand. J’ai Ă©crit Ă  tous mes amis de ne pas venir avant quatre heures, parce que je travaille la nuit, je me lĂšve tard et je n’aime pas trop Ă  ĂȘtre entourĂ©e de monde quand je passe ma chemise », prĂ©vient George Sand Correspondance, 1837. À Nohant, elle avait Ă  une Ă©poque pris l’habitude de s’installer dans l’ancien boudoir de sa grand-mĂšre, au rez-de-chaussĂ©e parce qu’il n’y avait qu’une porte et que ce n’était un passage pour personne, sous aucun prĂ©texte que ce fut, justifie-t-elle dans Histoire de ma vie. Mes deux enfants Maurice, 1823-1860 et Solange, 1828-1899, NDLR occupaient la grande chambre attenante. Je les entendais respirer et je pouvais veiller sans troubler leur sommeil [
] Je faisais mon bureau d’une armoire qui s’ouvrait en maniĂšre de secrĂ©taire. » L’endroit Ă©tait petit, exigu, mais elle pouvait y noircir le papier Ă  son aise. J’ai Ă©crit Ă  tous mes amis de ne pas venir avant quatre heures, parce que je travaille la nuit, je me lĂšve tard et je n’aime pas trop Ă  ĂȘtre entourĂ©e de monde quand je passe ma chemise » George Sand En dĂ©pit – ou Ă  cause – de ses habitudes de travail nocturne, George Sand Ă©tait une hĂŽtesse accomodante, aimant Ă  recevoir dans cette maison hĂ©ritĂ© de sa grand-mĂšre et dont son divorce, en 1836, lui a enfin laissĂ© la pleine propriĂ©tĂ©. Pourtant, le Berry semble bien loin, vu de Paris. Voyons, un peu de courage, Ă©crit-elle Ă  son ami Gustave Flaubert Correspondance, 1867. On part de Paris Ă  9 heures et quart du matin, on arrive Ă  4 Ă  ChĂąteauroux, on trouve ma voiture et on est ici Ă  6 pour dĂźner. Ce n’est pas le diable, on vit entre soi comme de bons ours?; on ne s’habille pas, on ne se gĂȘne pas et on s’aime bien. Dis oui. » Comme lui, de nombreux artistes seront reçus Ă  Nohant au fil des annĂ©es, d’EugĂšne Delacroix Ă  HonorĂ© de Balzac, de ThĂ©ophile Gauthier Ă  Ivan Tourgueniev, en passant par Franz Liszt et Marie d’Agoult, qui prĂ©senteront FrĂ©dĂ©ric Chopin Ă  George Sand. Les journĂ©es s’organisent simplement. Le matin, pendant que la maĂźtresse de maison dort, chacun vaque Ă  ses occupations. On se retrouve en fin de journĂ©e pour le dĂźner et les divertissements. Recevez par mail notre newsletter loisirs et retrouvez les idĂ©es de sorties et d'activitĂ©s dans votre rĂ©gion. Auguste Charpentier a sĂ©journĂ© Ă  Nohant en 1838 et y a rĂ©alisĂ© ce portrait de George Sand, dont l'original se trouve Ă  Paris. On mĂšne ici l’existence la plus heureuse et la plus libre possible », commente en 1838 le jeune peintre Auguste Charpentier. Lors de ce sĂ©jour Ă  Nohant, il rĂ©alise le trĂšs beau portrait dont une copie trĂŽne aujourd’hui dans le salon de la maison. De George Sand, il Ă©crit Ă  sa tante, avec enthousiasme, que c’est la plus admirable tĂȘte que l’on puisse voir, et je ne suis pas encore revenu de ma premiĂšre impression. Je commence son portrait demain seulement, j’ai voulu avant passer une journĂ©e pour Ă©tudier son admirable personne. » L’original du tableau se trouve au musĂ©e de la Vie Romantique, Ă  Paris. La maison Pleyel envoyait un piano chaque Ă©tĂ© pour Chopin Venu en 1842 se reposer Ă  Nohant, le peintre EugĂšne Delacroix 1798-1863, lui, est saisi par l’inspiration lors d’une promenade, en voyant une vieille fermiĂšre et sa petite-fille. J’ai pu les regarder tout Ă  mon aise derriĂšre un buisson oĂč elles ne me voyaient pas, raconte-t-il. La vieille avait une main posĂ©e sur l’épaule de l’enfant, qui prenait attentivement une leçon de lecture. » Il offre le tableau, intitulĂ© L’Éducation de la Vierge, Ă  George Sand. On peut aujourd’hui le voir au musĂ©e EugĂšne-Delacroix, Ă  Paris. Une copie, rĂ©alisĂ©e par Maurice Sand, fut accrochĂ©e dans l’église Sainte-Anne de Nohant. L'Education de la Vierge, d'EugĂšne Delacroix. C’est aussi Ă  EugĂšne Delacroix que l’on doit le double portrait de Sand Ă©coutant Chopin au piano, rĂ©alisĂ© au dĂ©but de leur liaison, en 1838. Entre 1839 et 1846, le compositeur passera sept Ă©tĂ©s Ă  Nohant. À chacun de ses sĂ©jours, la maison Pleyel fait livrer un piano, et le rĂ©cupĂšre la saison finie. C’est lĂ , derriĂšre les portes capitonnĂ©es de sa grande chambre, Ă  l’étage, que vont naĂźtre de nombreuse Ɠuvres et chefs-d’Ɠuvre. Tous les ans, aux mois de juin et juillet, le Nohant festival Chopin rappelle le souvenir de ces Ă©tĂ©s dĂ©diĂ©s Ă  la musique, en donnant Ă  entendre des pianistes connus et de jeunes talents. Venu au dĂ©part pour rĂ©aliser les bustes de George Sand et de sa fille, en 1847, le sculpteur Auguste ClĂ©singer tombe amoureux de Solange et l’épouse, au grand dam de sa mĂšre. Lorsqu’une grosse dispute Ă©clate entre le couple et sa compagne, quelques mois plus tard, FrĂ©dĂ©ric Chopin prend le parti de Solange. AprĂšs avoir coupĂ© les ponts avec sa fille, George Sand rompt avec lui. Elle retrouve l’amour fin 1849, lorsque son fils, Maurice, lui prĂ©sente un ami graveur et auteur dramatique, Alexandre Manceau. Il a trente-deux ans, elle, quarante-cinq. Il sera son dernier amour et ils resteront ensemble jusqu’à la mort de Manceau, en 1865. Quelque temps avant leur rencontre, on avait commencĂ© Ă  faire du théùtre dans le salon de Nohant. Rapidement, ce loisir a pris de la place et George Sand a voulu le doter d’un lieu adaptĂ©. Restauration du théùtre du domaine de George Sand, maison de George Sand Ă  Nohant-Vic dans l'Indre, dĂ©cors de serre, patrimoine, le 04-02-22 Ă  Nohant Vic, photos Pierrick Delobelle Un vrai théùtre au rez-de-chaussĂ©e de la maison C’est ainsi qu’est nĂ© le théùtre amĂ©nagĂ© au rez-de-chaussĂ©e de la maison. Comme Maurice, Auguste Manceau s’est beaucoup investi dans cette activitĂ©, montant sur scĂšne, aidant Ă  la confection des dĂ©cors
 Entre 1846 et 1861, 150 piĂšces ont Ă©tĂ© jouĂ©es dans le théùtre, qui pouvait accueillir une soixantaine de spectateurs. Il vient d’ĂȘtre restaurĂ© et habillĂ© d’un dĂ©cor de serre, celui-lĂ  mĂȘme utilisĂ© lors de la derniĂšre reprĂ©sentation théùtrale donnĂ©e Ă  Nohant, en 1863 Datura Fabiosa, une piĂšce inspirĂ©e Ă  George Sand par un conte d’Hoffmann. Pratique. La domaine de George Sand est ouvert tous les jours de 9h30 Ă  13 heures et de 14 heures Ă  18h30. Parcours littĂ©raire Ă  la dĂ©couverte du jardin au travers de textes de George Sand sur le thĂšme des arbres. À partir de ces textes, tous les mercredis, jeu de piste en famille livret Ă  demander Ă  la boutique. Visite commentĂ©e uniquement de la maison Ă  10h15, 11h15, 14h30, 15h30, 16h30, 17h30. Tarif 8 euros; gratuit pour les moins de 18 ans. Renseignements au ; Quelques repĂšres historiques Biographie Famille. Elle est nĂ©e Amantine Aurore Lucile Dupin de Francueil, le 1er juillet 1804, Ă  Paris, de Maurice Dupin de Francueil et de Sophie-Victoire Delaborde. AprĂšs la mort de son pĂšre, le 18 septembre 1808, elle passe son enfance Ă  Nohant auprĂšs de sa grand-mĂšre, Marie-Aurore Dupin de Francueil, petite-fille du marĂ©chal de Saxe, dĂ©cĂ©dĂ©e le 26 dĂ©cembre 1821. ESTIVITES le Cher littĂ©raire, reportage Ă  la maison de George Sand Ă  Nohant-Vic, Ă©crivaine, romanciĂšre, dramaturge, Aurore Dupin, famille Sand, le 08-07-19 au chĂąteau de Nohant, photos Pierrick Delobelle Elle conservera toute sa vie un fort attachement Ă  la demeure familiale, Ă  la nature, au Berry, cadre de plusieurs de ses romans, et Ă  ses habitants. Mariage. Elle Ă©pouse François Casimir Dudevant, avocat Ă  la cour royale, Ă  Paris, le 17 septembre 1822. Ce mariage la libĂšre de la tutelle de sa mĂšre, mais n’ouvre pas pour autant les portes de la libertĂ© Ă  la nouvelle baronne Dudevant. TrĂšs vite, les Ă©poux se dĂ©chirent. Le 16 fĂ©vrier 1836, aprĂšs une longue procĂ©dure menĂ©e par l’avocat Michel de Bourges pseudonyme de Louis Michel, leur sĂ©paration est prononcĂ©e en sa faveur par le tribunal de La ChĂątre. Pour ma part, j’aimerais mieux passer le reste de ma vie dans un cachot que de me remarier Enfants et petits-enfants. Aurore et Casimir auront deux enfants Maurice, nĂ© le 30 juin 1823 Ă  Paris, mort le 4 septembre 1889 Ă  Nohant-Vic, et Solange, nĂ©e le 13 septembre 1828 Ă  Nohant-Vic, morte le 17 mars 1899 Ă  Paris. Le 17 mai 1862, Ă  Nohant-Vic, Maurice Ă©pouse Marceline Claudine Augustine, dite Lina » 1842-1901. Le couple aura trois enfants Marc-Antoine 1863-1864, Aurore 1866-1961 et Gabrielle 1868-1909. Les deux sƓurs n’ont pas d’enfants, mais Aurore adopte en 1958 son filleul, l’architecte Georges-AndrĂ© Smeets 1911-1970, mariĂ© Ă  Christiane Étave dite Christiane Sand 1927-2018. Deux filles naĂźtront de l’union de Solange avec le sculpteur Auguste ClĂ©singer 1814-1883, cĂ©lĂ©brĂ©e le 19 mai 1847 Ă  Nohant-Vic. La premiĂšre ne survit que quelques semaines?; la deuxiĂšme, surnommĂ©e Nini », nĂ©e le 10 mai 1849, dĂ©cĂšde le 14 janvier 1855. D’Aurore Ă  George Pseudonyme. En 1831, Aurore coĂ©crit Rose et Blanche avec Jules Sandeau. Le roman est signĂ© Jules Sand. L’annĂ©e suivante, lorsqu’elle rĂ©dige, seule, Indiana, son Ă©diteur l’incite Ă  conserver le nom de Sand. Le nom est tout pour la vente », commente-t-elle. Il lui faut un autre prĂ©nom, rien qu’à elle Je pris vite et sans chercher celui de George qui me paraissait synonyme de Berrichon ». Un prĂ©nom qu’elle va adopter dans la vie courante. Appelez-moi George au masculin - c’est une maladie que j’ai de ne pouvoir entendre, ni lire, l’ancien nom. Costume d’homme. C’est Ă  Paris qu’Aurore prend l’habitude de s’habiller en homme, par mesure d’économie, sur les conseils de sa mĂšre. Ayant Ă©tĂ© habillĂ©e en garçon durant toute mon enfance, ayant ensuite chassĂ© en blouse et en guĂȘtres, je ne me retrouvai pas Ă©tonnĂ©e du tout de reprendre ce costume, Ă©crit-elle dans Histoire de ma vie. [
] Je me fis donc faire une redingote-guĂ©rite en gros drap gris, pantalon et gilet pareils. Avec un chapeau gris et une grosse cravate de laine, j’étais absolument un petit Ă©tudiant de premiĂšre annĂ©e. Je ne peux pas dire quel plaisir me firent mes bottes j’aurais volontiers dormi avec [
] Je voltigeais d’un bout de Paris Ă  l’autre [
] mes vĂȘtements ne craignaient rien. Je courais par tous les temps, je revenais Ă  toutes les heures, j’allais au parterre de tous les théùtres. » L’Ɠuvre littĂ©raire. Au cours de sa vie, George Sand a Ă©crit quatre-vingts romans et nouvelles, sans compter des piĂšces de théùtre, des contes, des articles de journaux
 Sa correspondance, Ă©ditĂ©e en vingt-cinq volumes, est riche de vingt mille lettres, d’une vingtaine de pages chacune. Ses Ă©crits autobiographiques ont Ă©tĂ© Ă©ditĂ©s par la PlĂ©iade en 1970-1971, mais il a fallu attendre 2019 pour que quinze de ses romans, parmi lesquels la Mare au diable, Indiana, La petite Fadette, François le Champi
 entrent au catalogue. Martine Pesez Quarante annĂ©es consacrĂ©es Ă  l’écriture, prĂšs de quatre-vingt-romans, une trentaine de piĂšces de théùtre, des articles, des contes, des nouvelles, une correspondance colossale, des amitiĂ©s et amours nombreuses. George Sand Ă©tait, Ă  n’en pas douter, une femme gĂ©nĂ©reuse, et sa maison de Nohant en tĂ©moigne. Visiter Nohant-Vic, dans le Berry, c’est dĂ©couvrir une George Sand intime, accueillante, extrĂȘmement soucieuse de ses invitĂ©s, du bien-ĂȘtre de ses domestiques et celui de ses petites-filles, amoureuse de la nature et en avance sur son temps. Suivez le guide pour un aperçu de ce lieu chargĂ© en Ă©motions, de ses principales piĂšces, de son histoire et de celle de la famille Dupin. Une maison familiale Si Nohant est un lieu aussi Ă©mouvant, aussi chargĂ© d’histoires, c’est peut-ĂȘtre car il s’agit d’une maison familiale, transmise de gĂ©nĂ©rations en gĂ©nĂ©rations, et qui ne fut jamais laissĂ©e Ă  l’abandon. Visiter Nohant, c’est dĂ©couvrir une maison, mais aussi un jardin, son ancien poulailler, un cimetiĂšre dans lequel sont enterrĂ©s les membres de la famille Dupin, ainsi qu’une exposition dĂ©diĂ©es aux marionnettes de Maurice Sand, le talentueux et polyvalent fils de George. La dĂ©coration de la maison est soignĂ©e sans ĂȘtre chargĂ©e, la visite est bien pensĂ©e et Ă©quilibrĂ©e, les piĂšces principales donnent sur une nature que l’on devine essentielle. On y imagine aisĂ©ment la vie de celles et ceux qui y vĂ©curent. Une vie entiĂšre, ou presque, Ă  Nohant Aurore Dupin, future George Sand, naĂźt en 1804 et elle vient pour la premiĂšre fois Ă  Nohant Ă  l’ñge de quatre ans, en 1808. La propriĂ©tĂ© appartient Ă  sa grand-mĂšre paternelle, Marie-Aurore de Saxe. Aurore Dupin est la fille de Maurice Dupin, militaire, colonel des armĂ©es napolĂ©oniennes, et de Sophie Victoire Delaborde, cantiniĂšre que Maurice Dupin avait rencontrĂ©e en service. La mĂšre de Maurice s’est opposĂ©e en vain Ă  cette mĂ©salliance, et la petite Aurore est le fruit de deux milieux, deux histoires, deux hĂ©ritages. Lors de ce premier sĂ©jour Ă  Nohant, Maurice a un accident de cheval. Il meurt sur le coup, Ă  l’ñge de trente ans. La grand-mĂšre paternelle, dĂ©jĂ  veuve, dont le fils unique vient de dĂ©cĂ©der, propose prend en charge l’éducation d’Aurore. Aurore restera donc Ă  Nohant, mais ne cessera jamais d’entretenir un lien avec sa mĂšre, demeurĂ©e Ă  Paris. Aurore commence par passer ses Ă©tĂ©s Ă  Nohant et ses hivers Ă  Paris, avant de s’établir toute l’annĂ©e Ă  Nohant. Lorsque sa grand-mĂšre dĂ©cĂšde, George Sand a dix-sept ans. Elle hĂ©rite de la maison, s’empresse de se marier afin de pouvoir y rester en paix et d’avoir la respectabilitĂ© pour l’administrer. De ses quatre ans jusqu’à a mort, George Sand passera plusieurs mois par an Ă  Nohant et elle mourra dans sa chambre, en 1876. Ses deux enfants, Maurice et Solange y grandiront, Maurice y vivra avec sa femme et ses filles. AprĂšs son divorce, George Sand devient l’unique gestionnaire et propriĂ©taire du domaine. Les deux-petits filles de George Sand, Aurore et Gabrielle, les filles de Maurice, habiteront la maison, l’investiront elles aussi aprĂšs la mort de leur grand-mĂšre. Nohant se transmettra de gĂ©nĂ©rations en gĂ©nĂ©rations. Gabrielle meurt Ă  l’ñge de quarante ans, en 1909. Aurore, derniĂšre descendante de la famille, lĂšguera de son vivant la maison Ă  l’État. La salle Ă  manger La salle Ă  manger de la maison tĂ©moigne de la vocation de cette maison, celle d’ĂȘtre un lieu d’accueil et de convivialitĂ©. La table dressĂ©e pour dix invitĂ©s, jamais plus, Ă©voque plutĂŽt la fin de vie de George Sand, mais les invitĂ©s mentionnĂ©s ne s’y retrouvĂšrent jamais en mĂȘme temps. Sont ici reprĂ©sentĂ©s, parcourant dix ans de la vie de George Sand, Ivan Tourgueniev, qui ne fit qu’un seul sĂ©jour Ă  Nohant, Gustave Flaubert qui y sĂ©journa trĂšs souvent, Dumas fils qui vint Ă  cinq reprises, la cantatrice Pauline Viardot qui vint tous les Ă©tĂ©s pendant vingt-cinq ans. Chaque dĂ©cennie eut son hĂŽte de marque. Les verres en cristal seraient un cadeau de Chopin, le lustre en verre vient de Murano et fut achetĂ© Ă  Paris par George Sand, Ă  l’occasion d’une exposition universelle. Le motif de fraisier sur la vaisselle fut dessinĂ© par George Sand elle-mĂȘme. En 1850, George Sand entreprit de gros travaux et fit installer un chauffage central dans la salle Ă  manger. L’hiver, le dĂźner Ă©tait servi Ă  17h. AprĂšs le dĂźner, on quittait la salle Ă  manger pour le salon. Le salon Le salon Ă©tait le lieu de la veillĂ©e, qui pouvait durer jusqu’à minuit. Autour de la table du salon on discute, on lit Ă  voix haute, on manipule des marionnettes, on dessine, on fait des herbiers. Comme elle a de multiples talents, George Sand joue de la harpe, du piano, excelle dans les travaux d’aiguille. La chambre rose Cette chambre, en encore marquĂ©e de l’empreinte du XVIIIe siĂšcle, trahit les origines aristocratique de la grand-mĂšre de George Sand qui faisait salon dans sa chambre. La chambre devint celle de Solange et Maurice, les enfants de George Sand, et George Sand investit le couloir afin d’ĂȘtre Ă  proximitĂ© de ses enfants et de pouvoir Ă©crire, la nuit, ses journĂ©es Ă©tant extrĂȘmement peut y voir le placard transformĂ© en bureau qui sera la premiĂšre rĂ©elle table de travail de George Sand en tant que femme de lettres. La cuisine George Sand avait une dizaine de domestiques Ă  son service, pour l’aider Ă  s’occuper de la propriĂ©tĂ©, mais aussi choyer ses invitĂ©s illustres tels que Franz Liszt ou Prosper MĂ©rimĂ©e. En 1850, en mĂȘme temps que l’installation du chauffage, George Sand dote sa grande cuisine de divers Ă©lĂ©ments et d’un four particuliĂšrement sophistiquĂ©. Ce four, moderne, dĂ©contenance les cuisiniĂšres berrichonnes qui sont Ă  son service – on cuisine sans voir les flammes, on a quatre fours, c’est Ă  l’époque du jamais vu – mais les robinets permettent de disposer de quarante litres d’eau chaude. Il s’agit d’un confort exceptionnel pour l’époque, confort renforcĂ© par la grande table en orme massif que George Sand commande Ă  un menuisier local, afin que tous les domestiques puissent manger ensemble, et se rassembler. Un passe-plat, dans le couloir attenant Ă  la cuisine, dessert la salle Ă  manger. George Sand, elle, investira la cuisine pour faire des confitures. FrĂ©dĂ©ric Chopin Ă  Nohant La relation amoureuse avec FrĂ©dĂ©ric Chopin durera neuf ans et le musicien sĂ©journera sept Ă©tĂ©s durant dans cette maison, du printemps Ă  l’automne, de 1840 Ă  1847. George Sand lui donne Ă  chaque fois la plus belle chambre, loue pour l’occasion un piano Pleyel qui arrive de Paris. Cette maison connaĂźtra sept pianos diffĂ©rents chaque Ă©tĂ©, et Chopin composera les deux-tiers de son Ɠuvre dans cette maison. Les annĂ©es avec Chopin, entre 1840 et 1847, constituĂšrent l’ñge d’or de Nohant. George Sand Ă©crivait, FrĂ©dĂ©ric Chopin composait, EugĂšne Delacroix peignait. Trois monstres sacrĂ©s se retrouvĂšrent en mĂȘme temps dans cette maison. La chambre bleue Le bleu Ă©tait la couleur prĂ©fĂ©rĂ©e de George Sand, et la chambre bleue Ă©tait celle de la maĂźtresse de maison, du moins sa derniĂšre chambre pendant une dizaine d’annĂ©es. C’est dans cette chambre, qui donnait sur le jardin, qu’elle s’éteignit Ă  l’ñge de 72 ans. Juste Ă  cĂŽtĂ© se trouvent un cabinet de travail, dans lequel elle travaillait, ainsi qu’une bibliothĂšque ou salle d’études, Ă  laquelle tout le monde avait accĂšs, et qui renfermait toute la documentation, classĂ©e, de la maison. Le 17 janvier 1869, George Sand Ă©crivait Ă  son grand ami Gustave Flaubert combien elle Ă©tait en paix Ă  Nohant L’individu nommĂ© G. Sand se porte bien, savoure le merveilleux hiver qui rĂšgne en Berry, cueille des fleurs, signale des anomalies botaniques intĂ©ressantes, coud des robes et des manteaux pour sa belle-fille, des costumes de marionnettes, dĂ©coupe des dĂ©cors, habille des poupĂ©es, lit de la musique mais surtout passe des heures avec la petite Aurore qui est une fillette Ă©tonnante. Il n’y a pas d’ĂȘtre plus calme et plus heureux dans son intĂ©rieur que ce vieux troubadour retirĂ© des affaires, qui chante de temps en temps sa petite romance Ă  la lune, sans grand souci de bien ou mal chanter pourvu qu’il dise le motif qui lui trotte par la tĂȘte, et qui, le reste du temps, flĂąne dĂ©licieusement. Ça n’a pas Ă©tĂ© toujours si bien que ça. »[1] Vous souhaitez en savoir plus et relire des textes de George Sand ? DĂ©couvrez notre autre article consacrĂ© la femme de lettres, mais aussi notre anthologie Un texte Une femme, La littĂ©rature au fĂ©minin en 365 jours, sur laquelle retrouver dix-neuf textes de George Sand. Sarah Sauquet [1] Lettre de George Sand Ă  Gustave Flaubert, Nohant, 17 janvier 1869 Lettre vagabonde – 28 juillet 2019 De tous les temps, les femmes ont eu quelque chose Ă  dire. Leurs voix furent souvent recouvertes d’indiffĂ©rence et Ă©crasĂ©es sous le mĂ©pris. George Sand semble faire exception. Elle vĂ©cut une vie trĂ©pidante et dĂ©vouĂ©e Ă  toutes les causes. Elle a fait couler beaucoup d’encre en affichant une libertĂ© farouche et hors norme pour son Ă©poque. La formidable biographie de Michelle Perrot, publiĂ©e en 2018, apporte un Ă©clairage indispensable sur une figure de proue de son temps. Michelle Perrot nous entraĂźne dans les activitĂ©s palpitantes de Nohant jusqu’à la mort, en 1876, de l’ñme qui en dĂ©tenait le sĂ©same ouvre-toi. George Sand Ă  Nohant Une maison d’artiste, » nous fait apprĂ©cier et admirer un grand esprit du XIXe siĂšcle. La biographe a entrepris des recherches poussĂ©es Ă  commencer par la lecture de la volumineuse correspondance de ce monument Ă©pistolaire. » Ses lettres furent publiĂ©es en vingt-six tomes sous la direction de Georges Lubin. En tout cinquante mille lettres envoyĂ©es Ă  vingt mille correspondants. Active, talentueuse, littĂ©raire et scientifique, George Sand contribuera Ă  rendre meilleure la vie des gens. Elle professait ses idĂ©es libĂ©rales accordant plus de libertĂ© au peuple français, aux gens de la campagne. Elle dĂ©plorait la condition des femmes sous le joug d’une autoritĂ© masculine. Auteure de cent romans dont La petite Fadette, Consuelo et La mare au diable, on la retrouve passionnĂ©e pour la musique, le théùtre, la peinture. Cette femme s’investit Ă©galement dans l’éducation, la politique, l’agriculture, la botanique, l’entomologie et la minĂ©ralogie. Des activitĂ©s dans tous ces domaines se dĂ©roulent Ă  Nohant. GrĂące Ă  son Ă©criture, elle supportera financiĂšrement les artistes et scientifiques se rassemblant sous son toit. Heureusement, elle avait la plume facile. Je reconnus que j’écrivais vite, facilement, longtemps, sans fatigue. » clamait l’écrivaine en ajoutant, J’ai beaucoup de plaisir et d’amusement Ă  Ă©crire. » GrĂące Ă  ses voyages et Ă  son intarissable curiositĂ©, George Sand se maintenait Ă  la fine pointe des courants majeurs qui secouaient son pays. Elle dĂ©fendit la cause des paysans et fit la promotion de clubs privĂ©s afin d’instruire et former la population en politique. Se soulevant contre la condition infĂ©rieure subie par les femmes, elle qualifiait les mariages arrangĂ©s d’une forme de prostitution et de viol. Si elle consacrait son temps Ă  l’instruction de ses enfants, Solange et Maurice, elle veillait aussi Ă  instruire les domestiques et femmes de chambre. Elle leur apprenait Ă  lire. Nohant s’avĂšre un lieu accueillant et ouvert Ă  toute forme de savoir. Elle rĂȘvait grand pour Nohant et la maison fut transformĂ©e Ă  la dimension de ses projets. Les dĂźners de quinze convives Ă©taient monnaie courante. Les curieux et les amis Ă©taient rentrĂ©s dans l’orbite de Sand, de cette communautĂ© des goĂ»ts, des intelligences et des cƓurs qu’elle rĂȘvait de constituer. » Pour Sand, l’art se perdrait certainement s’il ne crĂ©ait pas de sanctuaires pour se retremper. » Auquel ajoute Michelle Perrot, Une oasis, un sanctuaire la vocation idĂ©ale de Nohant. » George Sand dĂ©ploie un dĂ©vouement inconditionnel aux artistes. Une chambre Ă  la porte capitonnĂ©e offrit Ă  FrĂ©dĂ©ric Chopin un lieu privilĂ©giĂ© oĂč il composa la majeure partie de ses Ɠuvres. Des carriĂšres de chanteuses, de musiciens prirent leur essor en ces lieux. Les peintres ne furent pas en reste. Se succĂ©dĂšrent Ă  Nohant EugĂšne Delacroix, ThĂ©odore Rousseau et bien d’autres. Ils furent dotĂ©s d’un vaste atelier. Maurice, le fils, eut aussi droit Ă  son atelier oĂč il s’adonna aux dessins et Ă  l’aquarelle. Parmi les Ă©crivains, citons HonorĂ© de Balzac, Gustave Flaubert, Tourgueniev, ThĂ©ophile Gauthier. Alexandre Dumas y sĂ©journa plus d’un mois et demi. Comme George Sand admirait toute forme d’art, elle amĂ©nagea une loge, une scĂšne et une salle ouverte au public du Berry. De grands comĂ©diens y jouĂšrent dont Arnaud Passy et Pierre Bocage. Avec Maurice Sand, le théùtre de marionnettes fut reconnu et perfectionnĂ©. La mĂšre confectionnait les costumes des personnages confectionnĂ©s par le fils. Savants et politiciens, sous la RĂ©publique s’arrogent les faveurs et l’appui de la dame de Nohant. Elle accueille les opposants au dogmatisme clĂ©rical et Ă  l’aristocratie rĂ©trograde. Elle-mĂȘme adhĂšre Ă  la rĂ©publique dĂ©mocratique et sociale. Il existe bien des façons de s’instruire et George Sand les emprunte toutes. On retrouve des volumes dans bon nombre de domaines scientifiques et artistiques. Pour chacun de ces domaines, elle a invitĂ© Ă  Nohant d’éminents spĂ©cialistes et entreprit des voyages d’exploration. Elle aura Ă©tudiĂ© dans toutes ces branches de savoir. Ses jardins bien amĂ©nagĂ©s sont la preuve de ses connaissances en botanique. La protection de la nature fut son champ de bataille. Pour accommoder tous les gens qui sĂ©journent chez elle, Sand aura créé deux ateliers de peinture, un atelier de gravure, une bibliothĂšque de huit mille volumes, un petit théùtre et un magasin de dĂ©cor. Toutes les piĂšces sont remplies. MalgrĂ© son peu de fortune, la dame de Nohant aura contribuĂ© Ă  l’avancement des arts, de la littĂ©rature et des sciences, et ce mĂȘme Ă  l’extĂ©rieur de la France. En Californie, elle a financĂ© une communautĂ© du nom de Commune libre de Mokelumne Hill oĂč se rassemblait l’immigration française. On se demande oĂč l’écrivaine trouvait le temps d’écrire. L’horaire de George Sand travailler, dormir, manger. » Son lieu d’écriture, une chambre si exiguĂ« qu’elle installe un hamac au lieu d’un lit et un bureau au lieu d’une table d’écriture. Ses agendas indiquent un respect scrupuleux de son emploi du temps. Elle Ă©crivait d’une heure du matin jusqu’en dĂ©but de matinĂ©e, dormait quatre Ă  cinq heures, dĂ©jeunait, faisait sa correspondance, travaillait Ă  l’extĂ©rieur, lisait avant de dĂźner avec les nombreux invitĂ©s et pensionnaires des lieux. Les soirĂ©es Ă©taient consacrĂ©es Ă  la musique et au théùtre. L’horaire de Churchill paraĂźt faible et terne Ă  cĂŽtĂ© de celui de Sand. Michelle Perrot nous invite Ă  Nohant oĂč George Sand nous accueille chaleureusement dans sa maison d’artiste. On partage les goĂ»ts, les rĂȘves et les connaissances de la maĂźtresse des lieux. La biographie nous livre le quotidien d’une femme exceptionnelle, douĂ©e et gĂ©nĂ©reuse ainsi que le portrait d’une Ă©poque. L’écriture est souple et entraĂźnante comme un bon roman. Une lecture motivante qui rejoint sĂ»rement les aspirations de nombreux lecteurs et lectrices. Pour voir des photos de la maison de George Sand, cliquez sur le lien ci-dessous. Maison de George Sand GEORGE SAND LETTRES Á PONCY I LA LITTÉRATURE PROLÉTAIRE. — VERS LA RÉVOLUTION 1842-1848

lettre de george sand Ă  son fils